Le mécanisme secret de la grande pyramide d’Egypte

(G) La soupape de sécurité

mercredi 2 avril 2008 par Philippe Lheureux

LA DIFFICULTE DE L’INTERPRETATION

Pour la plupart des égyptologues ou chercheurs passionnés par la grande pyramide, le passage qui a été creusé entre la grande galerie et la première chambre de décharge est la preuve que les constructeurs ont voulu vérifier la fissuration des poutres du plafond de la chambre du roi. Dans notre théorie, ce passage s’explique comme jouant un rôle de soupape de sécurité destinée à protéger les autres plafonds et la chambre secrète située à l’ouest d’une fuite éventuelle. Qui a raison ?

VUE EN PLAN

Pour les égyptologues , la chambre du roi était un tombeau . Quand les poutres de son plafond se sont fissurées , les constructeurs ont immédiatement constaté les fissures en sous-face des poutres côté sud et ils ont alors étayé puis creusé un tunnel depuis le haut de la grande galerie pour aller voir ce qui se passait dans la 1ère chambre de décharge (Ce tunnel n’a pu être creusé que par des gens qui connaissaient très bien la structure puisqu’il évite les parties en granit et tient compte de la différence de niveau). Ils ont alors constaté les fissures côté nord sur le dessus des poutres.Pour suivre l’évolution des désordres ils auraient réalisés par le dessous, des joints bourrés au plâtre entre les poutres du premier et du deuxieme plafond. Constatant la stabilisation de l’ensemble, ils n’auraient pas jugés bon d’aller voir ce qui se passait au dessus.

SORTIE DU TROP PLEIN EN HAUT DE LA GRANDE GALERIE

VUE EN COUPE

L’indication trop-plein correspond en fait au passage qui a été creusé entre la grande galerie et le première chambre de décharge.

LA SOUPAPE DE SECURITE

Dans notre théorie, ce passage n’est qu’une soupape de sécurité destinée à protéger les autres plafonds et la chambre secrète d’une fuite éventuelle. Cette fuite pourrait se produire si la chambre restait en charge du fait du non enfoncement du plancher et des herses.

Sans soupape de sécurité, la défaillance d’un des joints du plafond de la chambre du roi pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le reste des plafonds. En effet, si l’air comprimé à 3.4 bars emprisonné sous le premier plafond passe dans la chambre juste au dessus, la pression diminuera un peu (à 3.3 bars) quand l’eau montera dans la chambre du roi mais il n’y aura plus assez de poids de granit au dessus du deuxième plafond pour empêcher que ce dernier ne se soulève. On assisterait alors à un soulèvement total des planchers et à un effondrement du mur ouest si une chambre secrète se trouve bien à proximité. La présence d’un conduit reliant la première chambre à la grande galerie prouve que les constructeurs ont anticipé le problème et fait exactement ce qu’il fallait faire pour l’éviter.

Des joints étanches ont été réalisés sur les deux planchers surlignés d’une barre rouge. Au dessus l’étanchéité devenait inutile puisque l’eau de la fuite éventuelle était canalisée par le passage vers la grande galerie. Ce dernier qui fait 60cmx60cm de section a donc pour nous, été réalisé en même temps que la mise en place des poutres et non après pour aller vérifier d’éventuelles fissurations de poutres. Dans tous les cas il fallait bien un passage pour aller finaliser le dernier joint en plafond de la chambre de Davison. Cette disposition permet d’anticiper la présence d’une chambre secrète coté ouest et situé entre le plancher haut de la chambre de Davison et les chevrons calcaires.

QUI A RAISON ?

Dans notre théorie, les trois herses coulissantes de l’antichambre étaient mises en place en position fermée dès la finition du plafond de la chambre du roi puisque les constructeurs savaient pertinament qu’aucun corps ni mobilier royal n’avait besoin d’être entreposé dans une cuve étanche. Voila qui simplifiait grandement la mise en place des herses, la ventilation et qui impliquait forcemment que les constructeurs ne se soient jamais rendus compte de la fissuration des poutres de couverture de la chambre du roi. Les constructeurs qui ont presque toujours travaillé de l’extérieur, ont tartiné les faces des poutres avec un enduit étanche avant de les presser les unes contre les autres. Comme ce n’était qu’une cuve et non un tombeau, ils n’ont pas jugé utile de nettoyer les joints du plafond avant de fermer la cuve.

Les photographies prises avant les travaux de restauration parlent pour notre théorie, les joints réalisés sont indignes d’une chambre royale. Aucun plâtre n’a été mis par les constructeurs dans les fissures, que ce soit par en dessous ou par le dessus comme sur cette photographie extraite du livre de Gilles Dormion : La chambre de Cheops.

D’autre part, pour ceux qui pensent que les joints ont été réalisés après fissuration des poutres , il faut savoir que réaliser des joints entre les poutres ne sert strictement à rien dans la consolidation d’une fissuration et ne fait que rajouter du poids sur les planchers fissurés.

Le coup de grâce à la version officielle est donnée par cette photographie du plafond de l’antichambre. Aucune fissure n’a été constatée sur ce plafond et pourtant , il possède des joints identiques à ceux du plafond de la chambre du roi. Dans notre théorie, la présence de joints étanches à cet endroit s’explique aisément, il n’en va pas de même pour ceux qui soutiennent que les joints entre les poutres ont été uniquement réalisés pour servir de témoins de fissuration et qui sont incapables d’expliquer ce manque visible de finition.

Nous pensons aussi que les marques noires visibles sur les poutres ne sont pas liés à des étais car aucun étais de 5.85m de haut ne peut reprendre 30 tonnes sans flamber.

Si les constructeurs s’étaient vraiment rendu compte de la fissuration des poutres, ils auraient réalisés un doublage porteur en granit le long du mur Sud. La chambre aurait perdue un mètre en largeur mais les poutres auraient été soutenues. Si cela n’a pas été réalisé, c’est à notre avis parce que les constructeurs n’ont pas eu connaissance de cette fissuration. Il existe bien sur d’autres preuves que les fissures datent de bien après la construction des pyramides. Regardez par exemple ce relevé de Piazzi Smith fait en 1877. Ce dessinateur qui semble avoir relevé tous les trous et toutes les fissures sur les murs et le plancher n’a pas indiqué la fissuration des poutres car à cette époque, elles n’étaient pas fissurées. Cette autre planche datant de 1837 et faite par le dessinateur Perring ne mentionne pas non plus les fissures des poutres sur ses coupes , ni même sur le relevé de la chambre de Davison. Quant au livre "Les monuments funéraires de l’égypte ancienne" de A.DANINOS-PACHA publié en 1899 , il est clairement dit aux pages 75 et 76

L’étroit couloir conduisant aux chambres d’évidement, situées au-dessus de la chambre du sarcophage, devait attirer nos voleurs dans la partie supérieure de la pyramide ; L’entrée de ce passage se trouve au bout et en haut de la grande galerie ; elle restait libre. Les violateurs de la tombe avaient ainsi exploré, sans rien trouver, la base et le haut du monument ; pour peu qu’ils fussent pressés, il y avait bien des chances pour qu’ils ne parvinssent pas à pénétrer dans le caveau sépulcral .

La chambre du sarcophage est recouverte par neuf belles dalles de granit rose semblables à celles dont sont revêtus les murs de cette salle ; ces plaques ont 5 m. 64 de long, et leurs extrémités reposent sur le haut de la paroi.

Malgré leur épaisseur et malgré la dureté de la roche, on pouvait craindre qu’elles ne cédassent et ne se rompissent sous le poids énorme de la maçonnerie qui les surmonte ;

le sol du caveau se trouve encore à 100 mètres au-dessous du sommet actuel. Voici comment on remédia à ce danger. Au-dessus du caveau, quand on continua de surélever le massif, on ménagea des vides destinés à alléger le fardeau qui devait supporter le plafond. Ce sont cinq petites pièces basses réparties l’une au-dessus de l’autre, sur une hauteur de 17 mètres. Les quatre premières, toutes pareilles, ont un plafond plat ; la cinquième, celle d’en haut, est surmontée de grosses dalles inclinées, qui se touchent par leur partie supérieure, de manière à former une sorte de toit à double pente. Grâce à cette succession de vides étages dans l’aplomb de la chambre principale et grâce à l’amortissement si bien entendu qui les couronne, la pression centrale était notablement diminuée ; elle se trouvait renvoyée vers les faces extérieures et distribuée également tout autour du caveau.

Les mesures étaient bien prises ; dans tout cet ensemble, pas une pierre n’a bougé par le seul effet de poussées intérieures ou du lent écrasement des matériaux ; il n’y a eu de déplacés que les blocs qui ont été violemment attaqués par la main de l’homme ; encore, tant l’ensemble était bien lié et tien équilibré, les brèches ouvertes ainsi sur plusieurs points n’ont pas amené d’écroulement ni même de tassement, soit dans la chambre où reposait Chéops, soit dans les galeries qui y conduisaient.

Les constructeurs n’ont donc pas creusé ce passage pour aller vérifier la fissuration des poutres puisque tous les relevés avant 1899 montrent clairement qu’elles n’étaient pas fissurées.


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