Le mécanisme secret de la grande pyramide d’Egypte

(B) Analyse de l’architecture interne.

dimanche 28 octobre 2007 par Philippe Lheureux

Première partie du mécanisme

Et si la chambre du roi n’avait jamais été destinée à servir de tombeau ?

Les égyptologues et les architectes ayant étudié le monument et qui, il est vrai, y cherchaient avant tout un tombeau sont-ils passés à coté de la véritable utilisation de cette chambre ?

C’est en tout cas ce que semble démontrer une analyse plus approfondie des « chambres de décharges », cette structure étrange, constituée de cinq plafonds successifs en granit, coiffants la chambre du roi.

Gilles Dormion le dit lui-même dans son livre « La chambre de Khéops » publié en 2004 aux éditions Fayard.

« Si le terme de « chambre de décharge » est évocateur, il n’est cependant pas tout à fait justifié ici. Ce qui protège réellement la chambre du roi des charges considérables qu’elle aurait à subir, c’est la « voûte de décharge » en chevrons qui coiffe l’ensemble de la structure. » Alors quel était le but réel des constructeurs en rajoutant autant de poutres entre la chambre du roi et la voûte de décharge ?

Croquis extrait du livre "La chambre de Kheops" de Gilles Dormion

Presque deux mille deux cent tonnes de granit (venant de carrières situées à 960 km de la grande pyramide), ont ainsi été rajoutées au dessus de la chambre du roi sans raison apparemment logique. Quand on sait que la plus grosse des poutres avoisine les 63 tonnes, il devait forcément y avoir une bonne raison !

Une des explications les plus sérieuse avancée jusqu’ici, était que cette structure servait à rehausser les chevrons pour ceux-ci n’appuient pas sur la grande galerie et supportent moins de poids. Il s’agirait donc de chambres de rehaussement.

Cette solution, même si elle contient une part de vérité structurelle, ne résiste pourtant pas longtemps à l’analyse critique. Non seulement la chambre de la reine, située à un niveau nettement inférieur à celui de la chambre du roi, s’en sort très bien avec sa seule voûte à chevrons mais il était beaucoup plus simple d’éloigner horizontalement la chambre du roi de la grande galerie pour solutionner le problème de la descente de charge !

Ceux qui soutiennent cette hypothèse de rehaussement admettent aussi que l’architecture interne de cette pyramide a fait l’objet de plusieurs modifications en cours de travaux. L’abandon de la chambre souterraine et de la chambre de la reine semble leur donner raison, mais alors, puisque les modifications étaient si courantes, pourquoi ne pas avoir choisi la solution la plus facile à mettre en œuvre et s’éviter ainsi la manutention de toutes ces poutres en granit ?

Et si les constructeurs n’avaient pas fait d’erreur ? S’il y avait tout simplement une autre logique qui faisait qu’ils ne pouvaient pas faire autrement ?

A quoi servaient donc ces quatre niveaux de plafonds supplémentaires qui ne supportaient que leur propre poids et reportaient leurs charges sur les appuis des poutres du premier plafond de la chambre ? Pourquoi avoir tout fait pour rajouter autant de poids sur les appuis des poutres ? Avaient-ils peur à ce point que la momie soulève le plafond avec ses petits bras musclés ?

Pour comprendre véritablement le rôle de cette structure, il faut avant tout abandonner l’idée de tombeau. Abandon assez facile si l’on admet que les deux conduits dits « de ventilation » et débouchant en façade faisaient courir de gros risques à la momie et au mobilier funéraire. Outre les insectes, le sable et éventuellement la pluie, il aurait suffit que des hommes versent de l’eau dans ces conduits pour noyer la momie et le mobilier royal. Des pilleurs auraient pu en avoir l’idée, rien que pour voir où l’eau allait ressortir. C’est un risque que Khéops ne pouvait pas prendre s’il voulait vivre éternellement.

Examinons donc une autre hypothèse !

Tout s’éclaire si l’on commence à regarder la chambre du roi comme une simple cuve étanche en granit, munie de deux conduits d’alimentation en eau et fermée par un système de vanne à guillotine en granit (la chambre des herses).

Que se passerait il si on la remplissait d’eau par l’un ou l’autre des conduits ?

Avec 33 mètres environ de colonne d’eau entre le dessous du plafond et la sortie extérieure des conduits, on obtiendrait une pression de 3.3 bars (33 tonnes par m2) mais comme il resterait environ un mètre d’air comprimé en partie haute de la cuve (Calcul suivant la loi de Mariotte) on obtient en réalité une pression de 3.4 bars.

Cette pression serait suffisante pour soulever très facilement le plafond, constitué de poutres d’une soixantaine de tonnes, offrant chacune près de six mètres carrés en contact avec l’air comprimé, sauf bien sur, si celles-ci restent maintenues en place par le poids des poutres des niveaux supérieurs.

Rapporté à la surface du plafond de la chambre du roi (10.48m x 5.24m) = 54.91 m2 , une pression de 34 tonnes/m2 soulève 1867 tonnes.

Si l’on considère le premier plafond comme le couvercle d’une cuve étanche, alors les planchers successifs agissent comme un poids sur ce couvercle pour empêcher qu’il ne se soulève. Un calcul effectué par un ingénieur structure a démontré que les poutres du plafond pouvaient facilement encaisser la pression sans rompre mais qu’elles se seraient soulevées s’il n’y avait pas le poids de la structure au dessus. Ce dispositif est donc une preuve visible que les constructeurs voulaient avant tout lutter contre la pression. En cas de fuite, ils avaient même prévus une soupape de sécurité avec le « passage » permettant de protéger les chevrons calcaires en évacuant l’eau vers la grande galerie.

Le choix d’un plafond plat pour cette chambre se justifie également par le fait que la surface en contact avec la pression est beaucoup plus faible que celle d’une couverture à chevrons. De plus, la pression sur le plafond est uniformément répartie alors que dans le cas des chevrons, la pression serait plus forte sur le bas des chevrons que sur le haut, augmentant nettement le risque d’effondrement par écartement des chevrons.

Dès que l’on oublie cette histoire de tombeau, il est étonnant de constater à quel point la coupe de cette « chambre du roi » ressemble étrangement à une sorte de piston hydraulique.

Et si le sol de la chambre du roi avait été conçu pour descendre sous l’effet de la pression ?

Un tel dispositif semble bien avoir été testé par les constructeurs dans la chambre de la reine. Son plancher est décaissé sans raison logique de 54 cm par rapport au niveau de son couloir d’accès et la longueur du décaissé chambre de la reine + décaissé couloir correspond à quelques centimètres près à la longueur du sol en granit chambre du roi + chambre des herses.

Il suffirait donc que le sol de la chambre du roi s’enfonce de 54 cm pour obtenir une libération automatique de l’eau sans intervention humaine. L’eau s’échappant par-dessus les herses qui suivraient la descente du plancher en granit.

La quatrième herse fixe de l’antichambre faisant office de brise-jet afin d’éviter d’endommager le mur calcaire restant entre elle et la grande galerie.

Vous êtes vous demandé pourquoi la grande galerie ressemblait à ce point à un égout en pente ? Deux banquettes latérales et une cunette centrale ! Même sa marche en partie haute était originellement taillée en V pour orienter l’eau résiduelle vers la cunette.

Pour en revenir aux « chambres de décharge » ou plutôt maintenant aux « planchers de charge du couvercle », vous avez compris que cette structure ne s’explique correctement que dans un cadre de lutte contre la pression mais qu’elle perd toute utilité autrement !

Il serait donc bon que les égyptologues revoient leurs copies et finissent par admettre que ce qu’ils ont pris pour la chambre du roi, n’est en fait que la cuve étanche d’un piston hydraulique primitif.

Cette acceptation à elle seule, serait non seulement une découverte majeure pour l’humanité mais permettrait aussi de relancer les recherches dans la pyramide sous d’autres bases. Jusqu’ici on pensait que les herses étaient destinées à empêcher les pilleurs de rentrer alors que visiblement elles n’avaient comme but que d’empêcher l’eau de sortir. C’est pour cette raison qu’elles ont été contournées aussi facilement. En fait, c’est toute la logique de raisonnement qui est remise en cause !

Si l’on suit le cheminement de l’eau libérée, celle-ci s’engouffre dans le couloir ascendant jusqu’au bouchons de granit. Le couloir ascendant se remplit et le poids de la colonne d’eau repousse le premier bouchon dans la descenderie, obturant ainsi le passage vers la chambre souterraine. L’excédent d’eau est évacué par le puit (en bas de la grande galerie) vers la chambre souterraine qui ne sert que de volume de rétention.

Voila qui explique pourquoi cette chambre n’est pas terminée ! Il ne s’agissait pas d’un tombeau provisoire mais d’une simple cuve destinée à recueillir l’eau et probablement aussi le sable d’un mécanisme temporisé.

Quant à la chambre de la reine, elle a tout simplement servie à tester le mécanisme d’enfoncement du plancher avant sa mise en oeuvre dans la chambre du roi. S’agit-il d’une chambre de test ou d’un mécanisme de fermeture ayant déjà fonctionné ?.

Pour tout connaître de la position des salles secrètes et des moindres détails de cette théorie, lisez le livre de Philippe Lheureux et Stéphanie Martin « Le mécanisme d’ouverture de la pyramide de Chéops »


Forum

  • Analyse de l’architecture interne.
    13 juin 2009, par Rhâ

    Je me pose quelques questions, notamment une qui reste primordiale à mes yeux...

    Penchons nous sur la quantité d’eau nécessaire pour le remplissage de la "cuve"...

    Superficie au sol 10,48m x 5,24m = 54,91m²

    Hauteur de plafond : 5,85m

    Hauteur de surpression estimée : environ 1m

    Volume : 54.91m² x 5m = 274,57m³

    270 mètres cube

    ça fait quand même 9 semi remorques de 30 europalettes à verser par un ptit trou à 75m du sol...

    Aucun individu n’aurait pu réaliser cela à l’époque et même maintenant ça peut sembler fou mais c’est réalisable...

    Dans quelles mesures le mécanisme devait-il se déclencher ?

    Au vu des informations, ne pourrait-on pas considérer ce remplissement de la cuve uniquement dans des circonstances exceptionnelles ?

    Je ne sais pas à quelle hauteur se situe le plateau de gizeh par rapport au niveau de la mer, mais imaginer qu’il puisse se remplir suite à un déluge où à la fonte des glaces (faudra un gros déluge ou toute la calotte polaire qui fond), que la cuve se remplisse et que le mécanisme se déclenche....

    QUE déclenche-t-il ?

    Un moyen de sauvetage ? ou bien communique-t-il à d’autres individus l’état critique des lieux ?

    Pour arriver à noyer gizeh sous 75m d’eau ... le reste de la planete investit dans les maillots de bains et les canots pneumatiques...

    De toute évidence, il est clair (pour moi en tout cas), selon toutes les études réalisées, que le site de gizeh a commencé à être construit par le sphinx en 10500 acn selon la carte du ciel de ce moment là, et que la réalisation des pyramides est la continuité de ce projet... mais 8000 ans plus tard, toujours selon la carte du ciel de -10500...

    Que de mystères et que de questions sans réponses...

    • Analyse de l’architecture interne.
      14 février 2010, par Lheureux Philippe
      Dans le cadre d’un mécanisme d’ouverture destiné aux hommes du futur , il y a lieu de prendre en compte l’ensablement de la pyramide qui réduit d’autant la hauteur des conduits. Il y a aussi lieu de prendre en compte que le calcaire de la façade est une roche tendre dans laquelle il est facile de fixer échelles ou autre système d’accès. Il fut un temps ou ils ont monté des pierres de 2.5t a plus de 130 mètres de hauteur alors ne nous plaignons pas trop de n’avoir que de l’eau à monter pour l’ouvrir :-)
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